Conseils pour une terrasse stable et durable

Conseils pour une terrasse stable et durable

par 01 mars, 2017 0

Sous notre climat nordique,construire, agrandir ou rénover une terrasse est un travail qui doit être fait selon des règles très précises. Les périodes de gel et de dégel peuvent occasionner des problèmes de soulèvement, d’affaissement ou des dommages à la structure.

Conseils d’experts, tous certifiés Réno-Maîtres, pour bien faire les choses.

Au départ, s’il s’agit d’un nouvel aménagement, il faut déterminer où sera installée la terrasse. « Il faut planifier le meilleur emplacement et voir avec le client s’il a des projets d’agrandissement ou quel équipement il pense y installer (ex. : spa, piscine, mobilier) afin de planifier l’espace nécessaire, conseille Nicolas Girouard, propriétaire de l’entreprise de construction et de rénovation verte Les projets de Nicolas. Il faut aussi vérifier si la terrasse se trouve à moins de 4 pi de la marge latérale du terrain voisin, car la ville pourrait exiger l’emploi de matériaux incombustibles. »

 

Rénover une terrasse

L’ajout d’équipement lourd par-dessus une terrasse (ex. : un solarium) ou une mauvaise conception peut nécessiter une stabilisation ou un renforcement de la structure. Billy Laberge, propriétaire de C.R. Authentique, spécialiste en construction et rénovation de terrasse, tente toujours de sauver la structure si cela est possible (ex. : si le bois n’est pas pourri).

« Il faut toutefois que les solives de plancher soient au minimum des 2 x 8, prévient-il. Il faut aussi que la distance maximale entre les solives soit de 16 po. Si cette distance est de 24 po, il est quand même possible de conserver les solives en bon état, mais il faudra ajouter une solive entre elles. »

 

La fondation avec pieux vissés

Si le travail consiste à construire une nouvelle terrasse ou à agrandir une terrasse existante, tous les entrepreneurs interrogés privilégient la pose de pieux vissés. Pour eux, il s’agit de la meilleure option pour reposer la terrasse sur une assise solide. Billy Laberge utilise la plupart du temps les pieux vissés. Il n’offre aucune garantie de stabilité aux clients qui souhaiteraient quand même avoir une fondation reposant sur des piliers de béton. Il exige même une décharge de responsabilité aux clients qui choisissent cette option.

Avant de procéder, l’entrepreneur a intérêt à appeler le service de localisation des réseaux souterrains d’Info-Excavation pour savoir s’il y a dans le sol des conduites de gaz, d’égout ou d’aqueduc, ou encore des câbles d’électricité et de services de télécommunication.

Revenons toutefois au pieu vissé. Ce matériel offre plusieurs avantages. Il s’installe rapidement sans requérir de travaux d’excavation et il assure une excellente stabilité. Il est également peu coûteux, environ 170 $ par pieu, installation comprise. Pour une terrasse d’une dimension de 12 x 12 pi, généralement trois pieux suffisent. Les pieux peuvent être installés par l’entrepreneur, s’il a la machinerie, ou par une firme spécialisée dans la pose de pieux comme Techno Pieux ou Vistec. Nicolas Girouard possède l’équipement mais il lui en coûte souvent moins cher de confier le travail à une firme spécialisée. Cela permet aussi à ses menuisiers de se concentrer sur leur travail.

Selon la charge que devra supporter la terrasse, il existe quatre dimensions de pieux (de P1 à P4). Leur diamètre va de 1 7/8 à 5 po. Le P1 peut supporter à lui seul une charge de 6 800 livres; le P2, une charge de 9 600 livres (ce qui est suffisant pour supporter un solarium); le P3, 23 000 livres et le P4, 29 000 livres. Ces deux derniers pieux sont conçus pour supporter du résidentiel lourd, par exemple, deux étages.

Pour bien faire le travail, Nicolas Girouard donne quelques conseils utiles. Le meilleur moment pour implanter les pieux, c’est lors des périodes hors gel. Lorsque l’on creuse, il faut se rendre sous la couche de sol à risque de gel. Cette profondeur varie selon la latitude, mais à Montréal, il faut excaver au moins jusqu’à 4 1/2 pi de profondeur.

Il faut aussi éviter de travailler sur du remblai récent et si cela doit se faire, il faut creuser jusqu’à l’atteinte d’une assise solide. En tant qu’entrepreneur vert, Nicolas Girouard aime bien aussi les pieux pour leur faible empreinte écologique en comparaison avec les piliers fabriqués avec des sonotubes. Ceux-ci exigent une importante excavation, un coulage de béton, un matériau peu écologique, et l’usage d’une machinerie plus lourde, donc plus polluante.

 

La fondation avec cylindres de carton (sonotube)

Jonathan Racine, propriétaire d’Habitations Jaro, croit tout de même que l’utilisation de sonotubes a sa raison d’être dans le cas où le sol est très instable ou humide. Comme pour les pieux vissés, il faut creuser au minimum 4 1/2 pi ou jusqu’à l’atteinte d’une base solide. Le trou doit avoir un diamètre minimum de 2 pi afin d’y installer un moule de plastique appelé « patte d’éléphant ». Ce moule, en forme de cône, a une largeur et une hauteur de 2 pi. Sa forme est rétrécie vers le haut afin d’y insérer le coffrage de sonotube. Une fois le moule et le sonotube installés, on y coule du béton. La forme élargie dans le bas assurera une base stable au pilier.

 

Voici quelques autres conseils en vrac :

  • s’assurer que les piliers de béton dépassent d’au moins 8 po la surface du sol;
  • ajouter des tiges d’armature dans le béton pour augmenter sa solidité;
  • utiliser du béton offrant une bonne résistance à la compression (de 25 à 32 MPa) de façon à hausser sa résistance aux cycles de gel et de dégel.
  • Le creusage nécessaire à la pose des piliers exige une machinerie spécialisée ainsi que le coulage du béton. « Le coût d’une telle opération peut s’élever à 1 500 $ pour trois piliers en sonotube », estime Jonathan Racine.

 

La fondation en Dek-Block

Comme autre solution, il existe le Dek-Block, qui est un bloc de ciment carré dans lequel on insère chacun des piliers qui serviront à soutenir la terrasse. Ce bloc sert donc de fondation.

Bien que le produit soit très économique (5 $ l’unité), Jonathan Racine le déconseille, car il ne permet pas d’assurer une bonne stabilité à la terrasse. Au moindre gel et dégel ou

à la suite d’un affaissement de terrain, le bloc risque de changer de position et de rendre la terrasse instable.

 

Fixer une terrasse

Une fois les piliers installés, il est important de bien fixer la terrasse au bâtiment. Pour ce faire, on pose d’abord une équerre en acier galvanisée sur la fondation de béton à l’aide d’ancrages à béton. Sur cette équerre, on installe ensuite une poutre de 4 1/2 x 8 po qui sera fixée à l’aide de vis. À l’étape suivante, on fixera les solives sur la poutre à l’aide d’étriers. On ne doit jamais fixer  les solives directement sur la fondation ou sur la brique du bâtiment.

Par la suite, le plancher de la terrasse peut être fait en divers matériaux (fibre de verre, bois traité, cèdre, pruche, matériaux composites). Nicolas Girouard privilégie le cèdre pour le revêtement et la pruche pour la structure. Cette dernière essence coûte moins cher que le cèdre rouge et résiste bien à la pourriture. «Elle revient sensiblement au même prix que le bois traité, mais elle est plus écologique. Le bois traité a aussi le désavantage de n’être traité qu’en surface. Si on ne le protège pas à chaque coupe, il pourrira rapidement. »

Comme autre matériau, Nicolas Girouard aime bien les matériaux composites (fait de plastique recyclé avec de la fibre de bois), un produit très durable qui ne requiert pas d’entretien. Il est toutefois plus cher : 8 $ le pi2, contre 1,75 $ pour le bois traité et 3 $ pour le cèdre.

Billy Laberge n’installe que de la fibre de verre d’ingénierie, fabriquée en usine. Elle imite le bois et elle est offerte en six couleurs de base. En réalité, il existe un choix de plus de 5 000 couleurs.

Pour fixer le plancher, il est plus esthétique de le faire par en-dessous, si l’espace est suffisant. Cela évite aussi la corrosion qui pourrait se développer sur les attaches. Si cela est impossible, on peut utiliser le système d’attache CAMO qui permet, à l’aide de l’outil d’installation CAMO, de fixer les planches aux solives. Les vis sont pratiquement invisibles puisqu’elles sont enfoncées en biais dans les planches à l’aide d’une perceuse. Le système Tiger Claw offre le même avantage.

 

 

Aménager une terrasse au sol

Lorsqu’il s’agit d’aménager une terrasse au sol, on doit d’abord installer une membrane géotextile pour prévenir la pousse de mauvaises herbes. On étend ensuite une couche de gravier de 3/4 po net sur une épaisseur de 4 po. La dernière étape consiste à poser les blocs de patio.

Si la terrasse comporte un plancher de bois, elle sera un peu surélévée par rapport au sol, de façon à ce qu’il y ait une aération entre le sol et le plancher. Cela évitera la dégradation prématurée des planches causée par l’humidité. Il faudra aussi prévoir une ventilation latérale recouverte d’un grillage pour éviter que l’espace sous le plancher serve d’abri à des petits animaux.

Voilà ce qui complète notre revue des diverses options pour la construction ou la rénovation d’une terrasse hors sol ou au sol. Le plus important à retenir, c’est de bien respecter les règles d’installation propres à chacune afin de s’assurer de sa stabilité et de sa durabilité.

Référence : APCHQ , Magazine Québec Habitation, Juin 2016

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